Paris cedex 14, Presses Universitaires de France, « Hors collection », 2009, p. 473-495. Les freeholders représentent 13,2 % de ces familles et les fermiers 10,2 %. Parmi ces journaliers, beaucoup exerçaient une autre activité et notamment, les petits paysans. Béaur Gérard (dir. Au début du xviie siècle la Couronne essaya de profiter de droits qui existaient encore : le droit de garde (droit du roi de disposer des revenus des terres d’un freeholder qui décède alors que ses héritiers ne sont pas majeurs) et la prise en compte des demandes des freeholders riches qui voulaient devenir chevaliers. La paysannerie moyenne : haricotiers, artisans ruraux, vignerons, jardiniers ; 3. Une question très actuelle La question des motifs du choix de vivre à la campagne, qui sont généralement guidés par des convictions personnelles, est sujet d’une attention particulière chez ceux et celles qui étudient le phénomène de la … Cottret Bernard, Histoire d’Angleterre, xvie-xviiie siècle, Paris, PUF, Nouvelle Clio, 1996, 340 p. French H. R. et Hoyle Richard W., « The land market of a Pennine manor : Slaidburn, 1650-1780 », Continuity and Change, 14, 3 (1999), p. 349-383. Dans le Beauvaisis du xviie siècle, ces « indépendants » mettent en valeur plus de 10 ha ; ils sont des entrepreneurs de culture pourvus d’un capital d’exploitation, ils utilisent des salariés, ils sont alphabétisés et appartiennent au corps politique. Siglos xviii-xx, t. I : Campesino y pequeña explotación, Barcelone, Crítica, 1991, p. 249. Il est probable que l’apparition du seigle réponde à une diminution du pouvoir d’achat des plus démunis dont les ancêtres mangeaient du pain blanc. Paris profite de cette nouvelle effervescence et devient une capitale culturelle européenne. Il apparaît comme le type même de l’électeur rural et une partie des leasholders se fait aspirer par ce statut puisqu’il suffit de disposer d’un bien évalué à 40 shillings pour être autorisé à voter. Les couches supérieures de la paysannerie : laboureurs, gros fermiers, receveurs de seigneuries) et d’autre part ce qu’il avait appelé « l’évasion des revenus ruraux » – taille, dîme, droits seigneuriaux, loyer du propriétaire –, entendons par-là le fait qu’une part importante des revenus de la terre quittait la campagne et les producteurs pour gonfler la fortune de catégories plus urbaines que rurales et qui, de toutes façons, n’avaient pas pris part au travail de la terre. D’où la nécessité de faire une typologie des sociétés paysannes. 66En France, les termes qui désignent les paysans sont très nombreux : bêcheur, bordager, bordier, brassier (ou homme de bras), closier, colon (partiaire), fermier, fezandier, granger, haricotier, journalier, laboureur, marchand-laboureur, manouvrier, ménager, métayer, ouvrier agricole, sosson, ténuyer, valets de labour, vigneron… la liste est évidemment loin d’être exhaustive, chaque région où micro-région pouvant fournir à loisir d’autres dénominations. Les sociétés rurales”. Une certaine hétérogénéité règne aussi dans ce groupe, peut-être due aux critères qui ont été utilisés pour le former : s’agissant d’un groupe charnière, on peut toujours discuter sur la présence d’exploitants ensemençant moins de 5 ha de céréales, proches donc des laboureurs à ânes, précédemment évoqués, ou de ceux qui ensemencent plus de 25 ou 30 ha, qu’on aurait pu inclure dans les « principaux », 42 parmi les inventoriés disposant d’une propriété supérieure à 100 ha. Ils occupent ces fonctions entre 11 et 25 ans le plus souvent, mais certains deviennent ensuite vacher, berger, laboureur principal. AN. La question de l’accès à la terre est essentielle. La classification de Gregory King perpétue cette tradition ; il en ira de même pour celle de Joseph Massie (1759) et celle de Patrick Colquhoum (1803). Ce sont les brassiers et journaliers de Tourraine, les journaliers du Maine, les bêcheurs et hommes de peine de l’Anjou… Ce sont aussi de très nombreux salariés plus ou moins spécialisés que l’on rencontre en pays de grande culture, hommes à tout faire mais aussi charretiers et bergers. C’est dire qu’il s’agit encore d’une activité réservée. 51Comme pour la France ou l’Espagne, on présentera ici un tableau qui n’a rien de très original et qui montrera qu’il y a, dans la société rurale, des riches, des moyens et des pauvres. Tu ne trouves pas ce que tu cherches ? Le présent ouvrage rassemble une grande partie des articles et communications que Brigitte Maillard a écrits tout au long de sa carrière d'enseignante et de chercheur. Son idée principale, celle selon laquelle le paysan anglais contrôle beaucoup mieux sa terre parce qu’il a le pouvoir de décider que sa propriété sera partagée après sa mort et la liberté de la vendre ou de la donner de son vivant, cette idée n’a pas été sérieusement prouvée. La vie urbaine au Moyen Âge, avec l'expansion des communes et la description de Paris 2. Tous ont en commun de travailler une exploitation moyenne ou petite (5-15 ha ou jusqu’à 30 en pays de grande exploitation) et d’en vivre. Freeholders et farmers sont classés par G. King parmi les 511 586 familles « qui augmentent la richesse du royaume ». Un certain nombre d’entre eux cependant sont fermiers, pour tout ou partie de leur exploitation ; c’est ce que montrent les inventaires de ces laboureurs, 320 au total pour la Manche, dont les deux cinquièmes possèdent moins de 25 ha. Ils constituent à la fois un itinéraire de recherche et l'exploration minutieuse d'une région : la Touraine des xviie et xviiie siècles. Sous l'Ancien Régime, on pratique beaucoup l'homogamie sociale (un labour avec une fille de labour Il y a toujours une stratégie familiale qui encadre le mariage. Le domestique a une condition très différente du journalier. 1 Béaur Gérard, « Les catégories sociales à la campagne : repenser un instrument d’analyse », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, t. 106, n° 1, 1999, p. 159-176 et « Stratigraphier le monde rural. La distinction n’est pas nette entre les meilleurs des yeomen et les couches inférieures de la gentry. Adresse : 2, avenue Gaston Berger CS 24307 F-35044 Rennes cedex France. 53Les plus aisés des yeomen se rapprochent de la gentry mais ne cherchent pas toujours à s’y agréger. Qu’on en juge : il avait 595 équidés, 532 bovins, 782 porcs, 527 chèvres et 36 688 moutons. Mais parce que les archives des manor courts nous disent qui étaient les copyholders mais non qui cultivait la terre, les historiens ne savent pas précisément la taille réelle des exploitations dans les villages de copyholders. En effet, je suis gouverné par des lois auxquelles je donne mon consentement ; et ni ma vie, ni ma liberté, ni mes biens ne me sauraient être retirés conformément à la loi. Il leur faut plusieurs générations pour atteindre le niveau des élites du monde rural. Antoine, Annie, et Cédric Michon. Les possibilités d’ascension et de déclin social dépendent en effet à la fois de la conjoncture générale et de la position de chaque individu sur l’échelle sociale. D'abord, il faut trouver la bonne épouse : ce sont les parents qui la choisissent (il faut quand même le consentement des deux futurs époux), car le mariage ce n'est pas une affaire individuelle, car par le droit le mariage engage le patrimoine, l'honneur de la famille . La población, la economía, la sociedad, Madrid, Espasa-Calpe, 1989, p. 161-235. Le baptême permet de recenser et l'État va rendre au XVIIe siècle ses registres plus précis et plus rigoureux. 56En général, ce sont de petits paysans locataires, parfois propriétaires de quelques acres, exploitant de 5 à 50 acres. Vérifiez si votre institution a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books. Prix : 580 € La condition des femmes au 17ème siècle (exposé de Patricia) Au XVII siècle les nobles s'habillent. 9Signalons encore que la source utilisée introduit un certain biais, puisque les pauvres y sont sous-représentés, n’ayant pas grand-chose à partager, ils n’ont pas besoin d’aller chez le notaire, sauf si la loi l’établit ainsi, notamment quand les héritiers sont mineurs. 43Macfarlane prétendait également que cette évolution entraînait la rupture entre la famille et la tenure familiale dans le village. Siglos xv al xix, Madrid, 1984, p. 111. La réalité est plus nuancée. 3 Barreiro Mallón Baudilio, La Juridiccción de Xallas en el siglo xviii. On ne saurait négliger l’importance de ces bergers dans une région où l’élevage ovin est très développé et ne fait que croître au cours du xviie siècle. Ont-ils les mêmes besoins ? Dans la région toulousaine38, il désigne toute une catégorie particulière de brassiers (= journaliers) dont la spécialité est de labourer. T. II : L’Âge classique (1340-1789). Il faut cependant distinguer parmi eux les mayorales des troupeaux transhumants qui avaient la responsabilité de conduire à des centaines de kilomètres des milliers de bêtes, ce qui supposait qu’ils aient à la fois une grande compétence et la confiance de leur maître, car ils devaient manipuler de grosses sommes d’argent pour les frais du voyage, les droits du roi, etc. On pourra y trouver les vignerons qui exploitent de petites surfaces, qui louent parfois leurs services, mais qui ont une relative autonomie. 77Il faut distinguer les domestiques de la main-d’œuvre salariée. La superficie ensemencée diminua de 40 %. L’accumulation trouvait donc ainsi ses propres limites : on se heurte au rendement décroissant du capital accumulé en terres. Il n'y a pas d'obligation scolaire donc la plupart des enfants arrêtent d'aller à l'école vers 8 ans pour travailler avec les parents ( un enfant gagne la moitié du salaire d'un adulte Il existe aussi le cas des enfants mis en nourrice à la campagne. 5 Brumont Francis, Paysans de Vieille-Castille aux xvie et xviie siècles, Madrid, 1993, 502 p., voir p. 190. Les études les plus récentes tendent à montrer que les tenures en copyhold ont résisté plus longtemps que les auteurs anglais avaient eu tendance à l’affirmer précédemment et que, au xviiie siècle encore, au xviie siècle a fortiori, il ne faut pas les considérer comme une catégorie en voie d’extinction. Dans le Vivarais du xviie siècle, Alain Molinier signale l’existence de laboureurs pauvres37. Dès que l'enfant naît, il est emmailloté dans des langes pour que le corps se fortifie. Faute de données sûres, on peut considérer que ce chiffre soit également applicable au xviie siècle. Chronique #2 – L’Art de vivre sous Louis XIV (partie 2/4) – à écouter à partir du lundi 2 mars 2015. Mais, il est certain que ces différents modes de faire-valoir n’ont pas la même rentabilité et qu’il est beaucoup plus profitable d’exploiter soi-même que de faire travailler les autres. 13Le groupe des ouvriers agricoles est bien plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord ; on le divise traditionnellement entre ceux qui travaillent à l’année dans un domaine, appelés domestiques, et ceux qui s’engagent à la journée, appelée pour cette raison journaliers ou brassiers. 46Ibid., Jupon : À partir du XVI e, où la jupe a désigné le vêtement de femme l’habillant de la taille au sol , le mot jupon a été employé tantôt comme « courte jupe mise sous les autres jupes », tantôt (à la fin du XVIII e siècle et au XIX e siècle de 1868 à 1890 environ) , pour désigner la jupe sur laquelle ouvrait la … xvi-xviii), Ciudad Real, Instituto de Estudios Manchegos, 1986, p. 283. Mais ce travail étant le plus souvent temporaire et intermittent, ces individus ont également un moyen de subsistance lié directement à la culture de la terre : maison et jardin, une ou deux parcelles, des droits dans les communaux là où il y en a. Les riches (métayers) ne sont pas très riches (à l’aune des fermiers des régions céréalières) et les pauvres n’y sont pas les plus nombreux. Il contrôle l’emploi de nombreux journaliers, il est actif sur les marchés et il paie en général une part importante de l’impôt de sa paroisse. 45Au début du xviie siècle, les deux types de tenure les plus fréquents étaient les tenures en socage et les copyholds. Comme le yeoman anglais, il fait instruire ses enfants et peut trouver des alliances matrimoniales dans des catégories supérieures à la sienne. Leurs salaires sont en général faibles et variables selon le sexe, l’âge, la nature le lieu du travail et la saison. 1642. Ceci induit l’idée – partiellement juste mais aussi un peu trop réductrice – d’un monde homogène, différent du reste de la société. Il existe en effet une utilisation large du terme : certains auteurs appellent husbandmen tous les roturiers qui possèdent et travaillent la terre. Mais la manière de tenir la terre a une signification sociale. Toute la Grèce, au détriment des styles locaux, dès le milieu du 19ème siècle.Dans les années 1890 : N'hésitez pas à aller y faire un tour et entrer les mots. Les rois continuent d'embellir la ville mais ils commencent à se Il s’agit parfois d’une sorte d’apprentissage et l’on voit des fils d’agriculteurs aisés se louer comme domestiques avant de reprendre eux-mêmes une exploitation importante. On lui empruntera ce petit extrait du Catéchisme du freeholder de 173328 : « Qui es-tu ?– je suis Untel, freeholder de Grande-Bretagne.De quels privilèges jouis-tu en tant que freeholder de Grande-Bretagne ?– en tant que freeholder de Grande-Bretagne, je jouis d’une reconnaissance civile plus considérable que le plus grand des sujets d’un Prince arbitraire. 17 Ibid., p. 333-336 et annexe 9, p. 421-429. Le siècle des Lumières tire son nom de la volonté d’un nouveau courant philosophique européen de combattre l’ignorance, les préjugés, l’intolérance par la diffusion du savoir. Conditions générales & politique de confidentialité. De la même façon, les tournois n’existent plus, ils ont été interdit par Catherine de Médicis au XVI ème siècle suite à la mort du roi Henri II lors de l’un d’entre eux. La nature des services n’est pas fixée mais, depuis le xve siècle, elle prend la forme de paiements en argent et non de corvées en travail. Mais on le retrouve dans les régions de grande propriété, comme à Salamanque où les fermiers (granjeros) louent des domaines d’un seul tenant, souvent d’anciens villages dépeuplés et voués à l’élevage19 ou en Andalousie occidentale où des exploitations, d’un seul tenant, appelées cortijos, couvrent de 180 à 300 ha20. Ce sont aussi des questions de seuils : où faire passer la limite entre les pauvres et les moyens ? Les sociétés rurales. Celui de labrador (laboureur), par exemple, peut désigner aussi bien un paysan aisé qu’un ouvrier agricole ; il est d’ailleurs absent des sources de l’époque. Santa Eulalia est sans conteste celle qui abrite les plus aisés des paroissiens : lors de la grande crise de 1625-1635 le déficit des naissances est très faible (464 pour 485 décès) et elle s’en tire plutôt bien lors de ces autres années noires autour de 1684 avec un large excédent de naissances (271 décès, 462 naissances). Un guide bibliographique critique. Analyse basée sur les oeuvres de Karl Löwith, Blumenberg et Jean-Claude Monod. On est donc dans une situation de propriété partagée dans laquelle on ne peut raisonner à partir de l’opposition entre posséder/ne pas posséder mais où il faut imaginer toute une série de niveaux de propriété différents, des plus complets aux plus ténus sur les domaines et les fiefs. ), Señores y campesinos…, op. [...], [...] L'artisan réclame une somme d'argent en échange. 29 La description des catégories du monde rural qui suit est issue des ouvrages généraux cités en fin de chapitre. Il n’est pas possible de faire apparaître ici ces nuances, mais seulement de rappeler qu’elles jouent dans deux sens : d’une part la hiérarchie sociale est liée au modèle agraire (elle ne sera pas la même selon que la région ait ou non fait l’objet d’enclosure au xviie siècle, selon qu’il s’agit d’une région céréalière ou d’une région d’élevage), d’autre part la richesse est une notion localement relative : tel riche paysan ici sera ailleurs placé beaucoup plus bas dans la hiérarchie de la fortune et de la considération29. 62Dans les villages de champs ouverts, l’ensemble fait d’une tenure en copyhold et de droits dans les commons constituait une forme de propriété qui pouvait être achetée et vendue et qui fut souvent renforcé. ». A la campagne; Les Authentiques; Luberon; Magnifique Mas du 17ème siècle à vendre dans le Luberon, bénéficiant d'une très jolie vue panoramique sur ses terres de 13 ha avec une piscine 15 x 5m. 22 Le Roy Ladurie Emmanuel, Les Paysans de Languedoc, Paris/La Haye, SEVPEN, 1966, 2 vol., 1034 p. 23 García Sanz Angel, Desarollo y crisis…, op. La diversification des activités et, partant des revenus, est classique chez les élites rurales comme chez les plus pauvres. Au bas de l’échelle, devraient se trouver mendiants et veuves pauvres qui n’apparaissent pas dans les inventaires et, guère mieux lotis, quelques artisans que l’on rencontre ici ou là, mais nous savons qu’ils sont peu nombreux dans la Manche ; les rares qui apparaissent dans les inventaires peuvent posséder quelques biens, une maison, un jardin, de la vigne, quelques terres (rarement plus d’une dizaine d’hectares) et quelques animaux. En Espagne, c’est une forte crise démographique qui termine le xvie siècle et se prolonge durant les trois ou quatre premières décennies du xviie. 13 Pérez Álvarez María José, La Montaña noroccidental leonesa en la Edad Moderna, León, Université, 1996, p. 171-186. Pour cette partie, un autre ouvrage de référence s’impose : Jean SERROY, Roman et réalité, les histoires comiques au XVII ème siècle, Librairie Minard, Paris, 1981, 778 p. Nous résumons ici l’essentiel de cet ouvrage. Le grand fermier existe donc dans cette région aussi : plus du tiers (36 %) des exploitations louées à Ciudad Real entre 1600 et 1700 ont plus de 60 ha de terres labourables (le reste n’est pas spécifié) et une sur huit (13 %) à 100 ha, de quoi utiliser à plein temps trois ou quatre paires de mules, et c’est effectivement six mules dont dispose le seul de ces fermiers qui apparaît dans les inventaires. À la même époque apparaît un nouveau mode de concession des terres non libres : le beneficial lease qui garantit la terre pour un certain nombre d’années, une vie ou une partie de vie. 4Que l’Espagne soit diversité, nul ne peut le nier2 ; les variations géographiques du seuil d’indépendance en sont le premier indicateur (il s’agit de la superficie théoriquement nécessaire pour faire vivre une famille paysanne en année normale). 57Les cottagers se situent à la frontière entre exploitants et travailleurs agricoles. Ces registres existent depuis le Moyen Age et ils se sont développés au XVe siècle et sont rendus obligatoire avec l'ordonnance Villers-cotterêts (1539). Pour les plus gros, la diversification s’impose, notamment vers l’élevage. Ce qui fait que, dans la pratique, les régisseurs de seigneuries divisent les hommes en trois catégories : les customary tenants, les freeholders et les leaseholders. in Béaur Gérard (éd. Mais, ce groupe est loin d’être homogène, ce qui apparaît évident avec une telle masse de population. Le seuil inférieur est celui de la résidence (habiter une maison, avoir droit aux usages communautaires, faire partie d’une communauté spirituelle, relever du tribunal du seigneur…). journaux et la scolarisation obligatoire permettent à la population rurale de briser cet isolement. Un nouvel état d’esprit s’impose qui n’hésite pas à critiquer le pouvoir poli… Familia y reproducción social en la Sierra (Alcaraz, siglo xviii), Madrid, ministère de l’Agriculture, 2000, 388 p. López-Salazar Pérez Jerónimo, Estructuras agrarias y sociedad rural en la Mancha (ss. Il existe trois grands types de copyhold en Angleterre au xviie siècle : les copyholds of inheritance (ceux qui se transmettent par héritage) dominent dans l’est du pays ; les copyholds for live (pour la durée d’une vie) sont nombreux dans l’Ouest et le Sud-Ouest ; les tenant rights sont les plus communs dans le Nord et le Nord-Ouest. Il faudrait ajouter aux céréales les vignes et les oliviers, plus de 10 ha pour la moitié d’entre eux, et l’élevage. ), Histoire de la France rurale, Paris, Seuil, 1975-1976, 4 tomes (éd. Afin d’échapper à la misère, de nombreux paysans quittent la campagne pour aller travailler en ville. 8Ces quelques remarques faites il est temps de passer à l’étude de la société rurale, en présentant l’exemple de la Manche et en y ajoutant des données provenant d’autres régions. Mais il faut avoir présent à l’esprit qu’il ne s’agit là que de généralisations et que les différences régionales sont importantes. Naître, vivre et mourir en France au XVIIe siècle Naître et être jeune 1.1 ) La naissance A cette époque les conditions de l'accouchement étaient très délicates. C’est clair que vivre à la campagne présente de nombreuses difficultés d’organisation et d’adaptation, surtout pour des personnes n’ayant connu que la ville. Au xviie siècle, le terme de yeoman désigne un paysan aisé qui travaille lui-même sa terre, emploie parfois des farms servants. On l’imagine souvent ainsi. La vie sous l'ancien régime est précaire et la naissance est un moment difficile. Ceci permit de survivre à toute une population qui, dans certaines régions, pratiquait une pluriactivité de survie : élevage d’une vache et/ou de quelques moutons sur les commons et activité artisanale (textile souvent) dans le cadre du domestic system. 82On observe donc que la classification générale que l’on peut faire de la société rurale française ne prend vraiment de sens qu’à la condition de regarder la société comme un système (la part relative des différents groupes, qui est variable selon les régions) et aussi de prendre en compte la notion d’évolution au cours de la vie d’un même individu. Les paysanneries propriétaires se rencontrent essentiellement dans les pays de vignoble ; cela se traduit par une micro-exploitation en faire-valoir direct. Ils disposent souvent d’une vache, de quelques moutons et porcs, ils récoltent un peu d’orge, de froment, de pois. Ceci était rendu possible par le fait que la loi coutumière n’était pas très explicite sur la question de la transmission par héritage des biens tenus en copyhold. Pour en savoir plus, consultez notre Politique de confidentialité. Tout d’abord parce que la loi commune gagne du terrain par rapport aux coutumes des seigneuries : le système des tenures fee ou for life, qui a d’abord été fait pour les terres libres, tend, au cours du xvie siècle, à être appliqué à des terres tenues en copyhold. On a déjà évoqué la Plaine de France étudiée par Jean-Marc Moriceau, on peut aussi citer le cas de l’Île-de-France étudié par Jean Jacquart pour le xviie siècle45. Sur les pièces d'Ancien Régime, il n'y a pas de valeur écrite. 6 López-Salazar Pérez Jerónimo, Estructuras agrarias y sociedad rural en la Mancha (ss. Sans quitter la péninsule, voici le cas de la Catalogne où l’on assiste, dès le xvie siècle à la concentration des domaines (masos ou masies) entre les plus riches pagés (paysans) que, dès le xviie siècle, certains n’hésitent pas à comparer aux hidalgos castillans, leur octroyant ainsi une certaine noblesse. Ceci a été discuté par Hoyle et Sreenivasan26 ; ils pensent qu’il reste un lien à la fois réel et sentimental entre les familles de paysans et la terre. 18Voilà encore un groupe social universellement répandu, celui des laboureurs, travaillant la terre avec une ou deux paires d’animaux de trait, bœufs ici, chevaux ou mules là, dont les revenus sont suffisants pour envisager l’avenir avec optimisme, qui jouent un rôle dans la gestion de la communauté et de la paroisse où ils vivent et qui peuvent espérer pour leurs enfants une situation meilleure que la leur. Et le prix des vignes connaît la même évolution : elles valaient, à superficie égale, 1,7 fois plus que la terre au xvie siècle et 2,8 fois plus vers 1640. Son successeur, Louis d’Orléans, sera sous régence. Ces remarques faites, on peut élaborer une typologie générale pour la société rurale. Et si l’on veut être un peu plus précis, il faut bien imaginer que chacune de ces dénominations doit se subdiviser en trois catégories au moins selon le niveau de richesse : les petits, les moyens et les gros. C’est là le lot commun de tous les artisans, de Castille ou d’ailleurs, exerçant une triple activité : leur propre métier, le travail de leur petite exploitation et le travail pour autrui en tant que journalier, dans les périodes de forte activité et de hauts salaires (moisson). 22C’est pour cela qu’ils disposent de nombreuses bêtes de labour, quoi-qu’en quantité insuffisante pour cultiver de telles superficies, puisque 32 d’entre eux seulement disposent de 3 paires d’animaux et plus. Ils complétaient leurs maigres revenus par le travail à la journée. Plus souvent, ces laboureurs moyens ont une exploitation plus équilibrée, combinant élevage, culture céréalière et viticole et quelques activités annexes, comme le commerce des denrées agricoles, le prêt d’argent ou de denrées, le transport. La vie des paysans à la campagne 3. De plus, Paris ne cesse d’attirer de nouveaux citadins et à la ville étroite et tassée … La figure du grand fermier n’est donc pas absente de cette région ; elle est plus rare en Vieille-Castille où les grands domaines, surtout ecclésiastiques, sont rarement d’un seul tenant et où les terres sont affermées par petits lots. Ils possèdent parfois des troupeaux assez importants et accèdent à l’aisance. Le statut de fee simple donne la totalité de la propriété ; celui de fee tail fait quelques restrictions sur la transmission par héritage (la transmission sans payer de droit ne se fait qu’en ligne directe). Conjoncture économique et démographique et structure sociale dans une région de grande culture de la crise du xviie siècle à la stabilisation de la Révolution (1640-1795), Paris, CTHS, 1989, 664 p. 42 Cabourdin Guy, Terre et hommes en Lorraine, 1550-1635 : Toulois et comté de Vaudémont, Nancy, université Nancy II, 1977, 2 vol., 764 p. 44 Merle Louis, La Métairie et l’évolution agraire de la Gâtine poitevine de la fin du Moyen Âge à la Révolution, Paris, SEVPEN, 1958, 252 p. ; Péret Jacques, Les Paysans de Gâtine Poitevine au xviiie siècle, La Crèche, Geste Édition, coll. Il est assez étonnant aussi de constater que, contrairement à ce qui se passe généralement ailleurs, les trois quarts de ces laboureurs ne se livrent pas à l’élevage. Ce sont d’abord des questions de vocabulaire : les paysans anglais sont des freeholders, farmers, husbandmen, cottagers, servants, labourers… On pourra évidemment ne pas traduire les termes mais il faudra bien cependant leur donner des équivalents, or toutes choses ne sont pas égales. D’autre part, le phénomène des enclosures modifie le paysage agraire (passage d’un système de champs ouverts à un parcellaire enclos) mais aussi la façon de posséder et d’exploiter le sol (partage des communaux et suppression des droits collectifs sur les terres labourables). 76Leur nombre varie en fonction de différents critères. Le concile de Trente a aussi prescrit l'enregistrement des baptêmes sur des registres. Inversement, il existe des laboureurs pauvres. Ceci signifie qu’un nombre non négligeable de paysans ne sont pas propriétaires mais locataires de la terre qu’ils exploitent. ; MICHON, Cédric (dir.). À l’échelle du pays entier, il convient d’y classer tous ceux qui ne sont ni les salariés agricoles et les gros fermiers évoqués ci-dessus. Ne généralisons pas toutefois hâtivement, puisque dans les montagnes du León, une zone où les structures sociales sont moins inégalitaires et les pâturages plus abondants, seul un habitant sur cinq n’a pas de bovins et un sur quatre pas de moutons13. 37On ne parle pas en Angleterre de seigneurie mais de manoir (manor). Repris dans Goubert Pierre et Roche Daniel, Les Français et l’Ancien Régime, Paris, Colin, 1984, t. 1 : La Société et l’État. Mais comme cela a déjà été observé pour l’Espagne et pour l’Angleterre, si la construction d’un modèle pour l’ensemble du pays est nécessaire elle est aussi dangereuse : en effet, les différences régionales sont considérables et les hiérarchisations sociales n’ont de sens que rapportées à des modèles agraires régionaux. Vivre À La Campagne Au Moyen Age : L'habitat Rural Du Vème Au Xiième Siècle (Bresse, Lyonnais, Dauphiné) D'après Les Données Archéologiques pas cher En utilisant Rakuten, vous acceptez l'utilisation des cookies permettant de vous proposer des contenus personnalisés et de réaliser des statistiques. Le teston est une pièce en argent. La naissance est réservée aux femmes de la maison avec notamment la matrone, une sorte de sage-femme sans savoir théorique, mais avec un savoir pratique. Une loi de 1589 – peu appliquée – dit qu’un cottage ne peut être construit sur une parcelle inférieure à 4 acres. 15Les journaliers recevaient aussi une rémunération mixte, notamment les moissonneurs qui, outre une quantité d’argent, recevaient de quoi se nourrir : blé, vin, mouton, fromage, huile, légumes, etc., nourriture qui était préparée par les femmes qui accompagnaient les équipes de moissonneurs. Le Vivarais aux xviie-xviiie siècles, Paris, EHESS, 1985, 500 p. 38 Frêche Georges, Toulouse et la région Midi-Pyrénées au siècle des Lumières.